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La Réunion : Conseil général, un budget 2013 plombé par les prestations sociales



De mémoires d'élus de la collectivité départementale, jamais un budget primitif n'avait été aussi compliqué à mettre en place. C'est ce qu'il ressort de la conférence de presse de présentation du budget primitif 2013 du Conseil général donnée ce matin dans les locaux du Palais de la Source. "C'est le budget le plus difficile à construire depuis que je suis élue au sein de la collectivité", a lancé Nassimah Dindar, présidente du Conseil général. En cause, l'explosion du montant des prestations sociales combinée au gel des dotations de l'Etat.


Depuis la mise en place du gel des dotations de l'Etat - sous l'ère Nicolas Sarkozy - les collectivités ne cessent de se plaindre de la difficulté à tenir leur budget. Sauf que cette année, la situation semble beaucoup plus compliquée à en croire les élus du Conseil général. "C'est la première fois en 30 ans que j'ai autant de mal à construire un budget", lance Bachil Valy, vice-président du Conseil général. Une situation a mettre sur le dos de l'Etat. "Pourquoi cette situation ? L'Etat paye ses restrictions sur le dos des collectivités. Une situation amplifiée par la crise économique et sociale que traverse la Réunion", explique Nassimah Dindar.

Pour la présidente du Conseil général, il y a un "triple risque" si l'Etat continue à se désengager des collectivités. "Il pourrait y avoir un retrait de notre part sur des mesures importantes portées par le Conseil général, je pense aux personnes âgées, aux étudiants. Il y a un risque que les investissements soient en berne. Mais également un risque de voir une augmentation des impôts", souligne-t-elle. Cette dernière option n'a pas été retenue par le Département dans son budget 2013. "On veut que pour l'année 2014, une fiscalité pérenne et durable soit trouvée", précise la présidente.

Explosion de 51 millions d'euros des prestations sociales

Le budget primitif 2013 pour le Conseil général s'établit à plus de 1,482 milliard d'euros en augmentation de 1,9% par rapport à l'année 2012. Un budget auquel il faut adjoindre une augmentation de 51,3 millions d'euros de prestations sociales payées par le Département. "Cela grève le budget. Maintenant on parle de volcan qui explose", explique Bachil Valy. Sur la partie fonctionnement - 1,286 milliard d'euros - 51% est dédié au paiement des prestations sociales pour un montant de 647 millions d'euros. Quand à l'investissement, il reste stable et s'établit à 150 millions d'euros pour l'année 2013. "On répond aux besoins de l'économie réunionnaise", souligne-t-il.

Face à l'explosion des dépenses sociales, le Département en appel à l'aide de l'Etat. "Nous ne pourrons plus continuer à payer les allocations de solidarité seulement avec les finances locales", ajoute Bachil Valy. L'augmentation de 51,3 millions d'euros du montant des prestations sociales pour 2013 n'est "couverte qu'au 3/4", selon le vice-président. Dans cette optique, le Conseil général demande à l'Etat - dans la mise en place de son fonds de soutien aux collectivités d'un montant de 170 millions d'euros - 13 millions d'euros pour compenser cette augmentation des prestations sociales. "On doit remettre l'Etat face à ses responsabilités ou bien c'est la mort annoncée des Conseils généraux", explique Nassimah Dindar.

Sauf que ce fameux fonds de soutien sera scindé en deux. D'un côté les départements de l'Hexagone et de l'autre un quota pour l'ensemble des DOM. Une décision difficilement supportable pour la présidente du Conseil général qui craint que la somme distribuée au Conseil général de la Réunion ne suffise pas. "C'est une catastrophe annoncée (…). L'enveloppe de 13 millions d'euros n'est même pas assurée. Si l'Etat ne donne pas les 13 millions d'euros il faudra faire des modifications dans le budget et procéder à des coupes budgétaires", s'inquiète-t-elle. Dans ce sens, la collectivité a demandé aux députés Jean-Jacques Vlody et Thierry Robert - élus au Conseil général - d'être "vigilants" sur la ventilation de ces sommes qui seront discutées dans le cadre du projet de loi finance rectificatif, dont l'examen a commencé aujourd'hui à l'Assemblée Nationale.

Source : http://www.zinfos974.com



Julien Delarue

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