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Enquête sur les "fadettes" à Mayotte




Enquête sur les "fadettes" à Mayotte

La directrice des services judiciaires de la Chancellerie est en mission cette semaine dans la juridiction de Mayotte secouée par l’enquête en cours sur les pratiques d’un juge d’instruction de Mamoudzou qui a demandé les factures téléphoniques de trois membres de son tribunal, a-t-on appris mardi auprès de la Chancellerie.

Cette visite, révélée par le Point.fr, n’est pas une "inspection judiciaire", a précisé à l’AFP le ministère de la Justice décrivant une mission ayant pour but de "faire un bilan de la juridiction". La forme de la mission suscite la "perplexité" du syndicat FO-Magistrats qui aurait préféré, "vu le contexte de Mayotte", "une inspection formalisée" et transparente, permettant aux personnes entendues de répondre au futur rapport des services judiciaires, a jugé Emmanuel Pionnier, secrétaire général. La directrice des services judiciaires, Véronique Malbec, auditionne depuis lundi, et jusqu’à vendredi, les autorités judiciaires, de police et de gendarmerie, a-t-on précisé de source proche du dossier.

Selon d’autres sources, Mme Malbec devrait s’entretenir avec les magistrat et personnels du TGI, dont le juge Karki au centre de l’affaire qui trouble le tribunal mahorais, ainsi qu’avec le préfet de l’île jeudi. Le TGI de Mamoudzou est ébranlé depuis plusieurs semaines par l’affaire dite des "fadettes", une demande de factures téléphoniques faite par un des deux juges d’instruction du TGI de Mamoudzou, Marc Boehrer, via une commission rogatoire en mars, pour enquêter sur la violation du secret de l’instruction, dans une affaire sensible à Mayotte menée par l’autre juge d’instruction, Hakim Karki.

Cette enquête dans l’affaire "Roukia", du nom d’une jeune fille de 18 ans décédée en 2011 d’une overdose, porte sur un trafic de drogue dans laquelle des gendarmes du GIR (Groupement d’intervention régional) ont été mis en examen par le juge Hakim Karki. Outre ce dernier, une greffière et un juge des libertés et de la détention ont été visés par la demande de fadettes. Devant cette situation inédite d’un magistrat enquêtant sur ses collègues, dans un contexte insulaire, l’enquête sur les fadettes a été transférée début juin dans la juridiction de Saint-Denis (La Réunion).





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