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Réunion : La parité aux prochaines élections départementales, réaction d'élues réunionnaises sur le sujet



La parité homme-femme en politique est acceptée par tous, mais sa réelle application n'est pas aussi simple à réaliser.

Une loi votée en mai 2013 a ainsi rendu obligatoire le binôme homme-femme pour les prochaines élections départementales.

Pour toutes les élues réunionnaises, la parité aux élections est une avancée de taille... Elles réagissent sur ce sujet qui leur tient particulièrement à coeur...


Aline Murin-Hoarau, conseillère régionale : "Je suis très favorable à cette loi qui sera enfin appliquée. J'espère maintenant que les femmes vont s'impliquer davantage. Pour des raisons familiales, beaucoup ne s'impliquent pas assez. Les élections départementales en mars vont forcer certaines à le faire (…) Après tout, l'homme et la femme sont l'avenir de l'Homme".

Davilla Verdun, secrétaire générale de l'UMP :  "Il faut dire quand les choses sont bien faites, affirme-t-elle, et cette loi est une très bonne chose. Dans le monde masculin de la politique, la parité ne se manifeste pas toujours, même si les femmes sont compétentes. Aujourd'hui, elles vont souvent plus loin dans leurs études que les hommes".

Michèle Caniguy, conseillère générale: "Après les régionales et les municipales, il était temps que le conseil général suive. Il faut que les femmes soient présentes, c'est une nécessité. On n'était que six avant et c'est seulement à cause du départ d'hommes que des suppléantes ont pris leur place. On se place trop souvent en deuxième position, sûrement parce que les hommes se livrent à une sorte de batay coq des égos qui ne nous intéressent pas".

Fabienne Couapel-Sauret, vice-présidente de la Région: "Je salue les efforts de Didier Robert, président de la Région, qui a toujours confié d'importantes responsabilités aux femmes et joue le jeu de la modernité. Ce qui n'est pas le cas au sein du Département qui compte très peu de femmes. Les élections départementales vont permettre aux jeunes talents d'émerger".

Brigitte Adame, adjointe au maire de Saint-Denis: "On le voit dans tous les aspects de nos vies. Les femmes se positionnent souvent en arrière-plan dans le monde politique comme dans bien d'autres domaines. Il faut parfois avoir du répondant intelligent pour se faire respecter. Mais j'invite toutes les femmes engagées à se présenter. C'est justement parce que c'est difficile qu'elles doivent le faire".

Vanessa Miranville, maire de La Possession et la seule femme à occuper cette fonction sur l'île: "Cela offre l’opportunité à des femmes hésitantes de se lancer. Si La Réunion évolue de façon positive, la politique n’est pas un bon exemple vu que je suis la seule femme maire même s'il y a aussi une des rares femmes présidente de Conseil Général (…)  Ce faible nombre de femmes peut s'expliquer par le rôle de gestion du foyer qui reste encore beaucoup dévolu aux femmes qui ne veulent pas se sentir mauvaises mères en délaissant leur famille (…) Je n'ai pas ce problème moi-même, n'ayant pas d'enfant, mais je le vois bien chez mes élues qui doivent jongler entre leur rôle d'élue, souvent un métier et une vie familiale... (…) C'est aussi un manque de confiance chez certaines femmes qui n’osent pas encore forcément bousculer les lignes existantes et préfèrent suivre un leader même s'il ne correspond pas vraiment à leurs idéaux". 

Nathalie Bassire, conseillère générale: "C'est comme imposer un quota pour moi. Même si je suis une femme, le fait que l'on oblige, limite les libertés"

Christine Soupramanien, conseillère régionale : "C'est dommage de devoir passer par une loi pour avoir une représentativité féminine (…) Même si ça va dans le bon sens, ça devrait être naturel. Ces institutions doivent représenter la population (…) Si nous avons moins de mal à nous faire respecter aujourd'hui, nous ne sommes toujours pas considérées comme les égales des hommes (…) Je ne désespère pas et j'espère seulement que les lois ne seront plus nécessaires".

Pascaline Chéreau-Nemazine, conseillère générale: "Nous ne sommes que deux, avec la présidente, en commission permanente. Ce sont trop souvent les hommes qui sont titulaires. Même si cette loi force la main, elle est nécessaire pour que les femmes puissent s'investir et prendre confiance en elles. On se donne bonne conscience en parlant de la parité mais la réalité n'est pas comme ça".

Monique Orphé, députée: "Après la loi qui a été votée en 2000 et qui a permis à beaucoup de femmes de s'engager celle-ci est une nouvelle avancée. On passera de 9% à 50% de femmes au Conseil général, ce qui est formidable. Il reste à encourager ces femmes à s'engager car elles sont compétentes. C'est encore un domaine trop réservé aux hommes et j'espère qu'on n'aura bientôt plus besoin d'imposer la parité. Et attention, il ne s'agit pas de prendre une femme pour prendre une femme. Moi même je suis exigeante mais je sais que même si une femme a trop tendance à hésiter par rapport à sa vie de famille ou ses capacités, la plupart du temps, elle en est capable".

Maya Cesari, conseillère régionale: "Cette loi est malheureusement nécessaire aujourd'hui, ce qui est étrange parce que les lois donnent plus souvent des droits aux minorités, or nous représentons la moitié de la population (…) Le déséquilibre est flagrant, que ce soit à la Région, au Département ou dans d'autres institutions. C'est un déséquilibre historique en Europe et plus particulièrement en France et c'est pour ça qu'il faut une loi qui oblige les hommes à partager le pouvoir et laisser leur place. J'ose espérer que la loi n'est qu'un passage et qu'elle ne sera plus utile par la suite".

Source : http://www.zinfos974.com




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