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Madagascar : Malaise, malaise... Les apprentis sorciers continuent de sévir !



La sortie de la liste des membres de la nouvelle CES, Cour Electorale Spéciale, et la déclaration de la présidente de la CENIT, qui a suivi, me laissent pantois et circonspect. D’ailleurs, les commentaires que j’en entends sur les Radios périphériques, que je lis à la Une des quotidiens ou que je vois autour de moi, me confirment que beaucoup de nos compatriotes partagent mon sentiment : "Ils" ont osé prendre ces folles décisions et nous faire des affirmations qui sont les éternels "yaka" et "fokon"...


Où donc veulent-ils nous amener avec tout ça ? Je crains fort qu’eux-mêmes ne le savent pas. Les apprentis sorciers ont changé de visage, mais les décisions inouïes restent les mêmes. Est-ce que les membres de ces institutions ont vraiment pris la mesure des conséquences que leurs décisions et affirmations vont fatalement générer, ces jours et semaines à venir ? Je me permets d’en douter.

Encore une fois, je ne veux pas jouer à l’oiseau de mauvais augure. Mais je continue à penser que décidément, rien dans notre pays ne se fait comme partout ailleurs. L’adage qui veut que "gouverner c’est prévoir" est loin d’avoir une quelconque signification sous nos tropiques. Décidément, cette crise qui n’arrête pas de vouloir s’arrêter, à cette allure et selon ces décisions, risque de perdurer indéfiniment. Le syndrome ivoirien pèse sur notre pays !

La nature de ce mauvais cycle de crises politiques que nous voulons casser définitivement me fait dire aujourd’hui, qu’en fait, c’est bel et bien la même crise, qui a commencé au début des années 1970 avec la maladie du président Philibert TSIRANANA, que nous subissons encore actuellement.

A l’époque, nous n’en avions pas fait le bon diagnostic ; ainsi et malheureusement, en 1972, puis en 1992, en 2002 comme en 2009, les solutions et les remèdes, que nous avions apportés, la persécution des sortants, une nouvelle constitution imposée par les vainqueurs puis des élections, n’ont rien résolu. Les mêmes causes produiront toujours les mêmes effets.

Nous devrions accepter que nous nous sommes trompés. Nous devrions admettre cette évidence et prendre les décisions qui s’imposent. Entre autres, les conditions pour organiser des élections dignes de ce nom et selon les normes universelles ne sont pas réunies : trop loin s’en faut.

Je l’ai écrit ici : le remède risque d’être pire que le mal. N’ayons aucune honte de le reconnaître et de rebrousser chemin. Ce serait un acte responsable, enfin. Le pays et son peuple et toute la Communauté internationale nous en rendraient grâce ; je le crois sincèrement.

Il y va de l’avenir de nos enfants et petits-enfants ! Je vous rappelle les propos de ce philosophe indien contemporain.

La terre appartenant à nos enfants qui nous l’ont prêtée. Arrivera le jour où ils nous demanderont des comptes; ce jour-là, sans la bonne réaction que nous devrions exiger de nous tous dès aujourd’hui, comment l’expliquerions-nous ?

Maurice BERANTO