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La Réunion : Grève à la Cirest, une employée sanctionnée pour avoir dénoncé des agressions sexuelles?




La Réunion : Grève à la Cirest, une employée sanctionnée pour avoir dénoncé des agressions sexuelles?
Ce matin, à Saint-Benoît, une partie des agents de la Cirest est en grève illimitée à l'appel du syndicat SDUCLIAS (Syndicat départemental unitaire des agents des collectivités locales, du ministère de l'intérieur et du ministère des affaires sociales de la Réunion). Ce dernier dénonce les pressions exercées par la direction de la Cirest sur leur déléguée syndicale, à la suite d'une aide apportée à une employée dans le cadre d'une affaire d'agression sexuelle.

Tout a commencé en octobre dernier quand une employée contractuelle de la Cirest a suivi une formation sur le harcèlement organisée par la FSU. "On avait organisé une formation pour nos adhérents. A la suite de ça, l'employée est allée voir la déléguée syndicale (ndlr: également contractuelle) du SDUCLIAS pour lui raconter son problème. Elle se disait victime de harcèlement de la part d'un de ses collègues de bureau. On a aussitôt demandé une protection juridique à la Cirest et l'employée est allée porter plainte à la gendarmerie de Sainte-Anne", explique Stephan Carpaye-Tailamée, secrétaire départemental du SDUCLIAS.

Après cette épisode, le syndicat décide de médiatiser l'affaire suite aux "pressions subies" par l'employée et la déléguée syndicale de la part de la direction de la Cirest (voir l'article ici : Agression sexuelle à la Cirest: "Mon collègue me montrait son sexe" ). "Les mesures prises par la Cirest n'ont pas été suffisantes et l'employée se retrouvait toujours dans le même service que son agresseur. Résultat, elle s'est mise en arrêt maladie", souligne le secrétaire départemental. Pis, à la suite de cette affaire, les deux employées se sont vues proposer le renouvellement de leur contrat pour une durée de trois mois uniquement, selon le SDUCLIAS. "Ça fait 7 ans que je travaille au sein de la Cirest. Dans un premier temps j'étais en CAE, puis on m'a passé en contrat public. Quand je renouvelais mon contrat c'était toujours pour un an sauf que là on m'a proposé trois mois que j'ai dû accepter", explique Marie-Yannick Nagou, déléguée syndicale SDUCLIAS.

"Elle n'a pas eu le choix. On est en période de fête et elle est mère. On lui a envoyé un recommandé pour qu'elle vienne signer son nouveau contrat", précise Stephan Carpaye-Tailamée. Mais ce dernier relève une faute dans le renouvellement du contrat. "Le préavis de un mois pour le renouvellement de son contrat n'a pas été respecté", souligne-t-il. SDUCLIAS n'écarte pas la possibilité d'un recours devant le tribunal administratif.

Mais au-delà du problème de contrat, c'est bien le manque de dialogue avec la direction qui est reprochée par le SDUCLIAS. "C'est le silence radio du côté de la direction. On a même écrit à Huguette Bello (ndlr: présidente de l'Union des femmes réunionnaises) pour dénoncer ce problème. On a jamais eu de réponse. Peut-être parce que le président de la Cirest (ndlr : Eric Fruteau) est dans le même parti que la députée-maire de Saint-Paul", lâche Stephan Carpaye-Tailamée.

Le SDUCLIAS entend maintenir la pression le temps que la direction revoie sa copie sur la prolongation des contrats. "Une sanction déguisée pour avoir dénoncer des faits graves", conclut-il.

Source : http://www.zinfos974.com



Julien Delarue

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