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La LDH écrit aux ministres de l’Outre-Mer et de l’Intérieur sur "la situation dégradante" des kwassa-kwassa




Photo comores-infos.net
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Le président des droits de l’homme, Pierre Tartakowsky, a interpellé par courrier le ministre de l’Outre-mer Victorin Hurel et Manuel Valls, le locataire de la place Beauvau au ministère de l’Intérieur, au sujet des naufrages mortels de kwassa-kwassa, qu’il qualifie de "situation dégradante" pour Mayotte.

Des drames à répétition de l’immigration clandestine qui endeuillent un bras de mer de 70 kilomètres de large entre Anjouan et Mayotte.

Une missive publique au goût amer pour le président des droits de l’homme qui invite expressément l’exécutif à prendre le problème à bras le corps. Sa lettre en date du 19 octobre, met clairement les autorités devant leur responsabilité républicaine pleine et entière.

"L’espoir existait d’un changement de politique"

Les deux ministres sont conviés à "prendre la mesure d’une situation aussi singulière, aussi dégradante pour notre pays » et d’«accepter l’hypothèse qu’elle ne relève en rien d’une quelconque fatalité ou d’un effet des risques encourus par toute personne qui "prend la mer"".

"L’espoir existait d’un changement de politique", insiste le président de la LDH, suite à un rapport sénatorial qui allait dans le sens d’un assouplissement des conditions d’octroi de visa entre les Comores et Mayotte, pour à terme maîtriser les flux de passage et faire chuter les transports illégaux maritimes à hauts risques, sur de simples embarcations de fortune.

A contrario, le rapport du conseiller d’Etat chargé d’une mission sur les règles applicables aux étrangers à Mayotte, Alain Christnacht, s’est positionné sur le maintien effectif du fameux "visa Balladur" de 1995, qui abolit la libre circulation entre Mayotte et le reste des Comores.

"La Ligue des droits de l’Homme ne peut se satisfaire de l’existence de parcelles de la République où ne s’applique pas le droit commun"

Pierre Tartakowsky déplore que les deux ministres aient "fait (leur) son seul point de vue et n'(aient) accordé aucun crédit au rapport des sénateurs".

Attristé par une succession "d’informations funèbres", Pierre Tartakowsky a la plume lourde et n’hésite pas à mettre les deux pieds dans le plat. "La Ligue des droits de l’Homme, qui a comme responsabilité politique et morale de défendre l’effectivité des droits, ne peut se satisfaire de l’existence de parcelles de la République où ne s’applique pas le droit commun. Plus largement, nous refusons cette contradiction insupportable qui consisterait pour la France à défendre l’universalité des droits partout dans le monde, sauf dans certaines zones d’exception aux conséquences mortelles sur son propre territoire", écrit-il dans un long plaidoyer humanitaire.

Et le président des droits de l’homme de proposer une possible solution de sortie de crise à ses destinataires officiels.
"C’est pourquoi nous vous demandons la mise en place de solutions respectueuses de la légitimité républicaine et des droits des personnes. Ces solutions existent et les organisations et associations de défense de tous les droits seraient à même de vous en exposer les logiques, pour peu que vous acceptiez de les entendre", conclut-il amèrement.

L’intégralité en PDF de la lettre ouverte de Pierre Tartakowsky, président de la Ligue des droits de l’Homme (LDH), adressée à Manuel Valls, ministre de l’Intérieur, et Victorin Lurel, ministre de Outre-Mer




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